Les fables de La Fontaine
METTANT EN VEDETTE
Catherine Perrin
et
 
Le Quatuor Molinari
Samedi 30 octobre 20H00
À L'Espace culturel Jean-Pierre Ferland
2111 Rue Principale, Saint-Norbert

 

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Le programme

Théâtre musical « Les Fables de La Fontaine »

Le Quatuor Molinari et Catherine Perrin, au clavecin et à la narration, raconteront des fables de Jean de La Fontaine sur des musiques de Denis Gougeon et de Jean-Philippe Rameau. Aussi au programme le Quatuor op.11 de Samuel Barber. Basé sur une œuvre ayant su traverser l’épreuve du temps, ce spectacle saura toucher tant les adultes que les enfants. En effet, « Les Fables de La Fontaine » n’ont rien perdu de leur actualité ; elles mettent en scène des animaux rusés, vaniteux, tendres ou un peu bêtes, jouant de petites comédies bien humaines. Pour les raconter, les mots de La Fontaine déclamés par Catherine Perrin (animatrice reconnue de Radio-Canada) et illustrés par une musique originale du compositeur Denis Gougeon pour clavecin et quatuor à cordes. Le clavecin se fera lièvre, faisant la course avec « le quatuor-tortue », ou grenouille, voulant égaler en grosseur un « quatuor-bœuf »! La musique de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), interprétée au clavecin par Mme Perrin et le Quatuor Molinari, est pleine de couleurs et d’images; elle complètera le décor sonore.

- Quatuor à cordes Op. 11, S. Barber (1910 - 1981)
       I. Molto allegro e appassionato
     II. Molto adagio
   III. Molto allegro

- La cigale et les violons
    Introduction, D. Gougeon ( 1951 - )
    Le Corbeau et le renard, D. Gougeon ( 1951 - )
    Menuet en sol mineur ( intermède ), J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Le Lion amoureux, J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    La Forqueray ( intermède ), J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Le Lièvre et la Tortue, D. Gougeon ( 1951 - )
    La Poule aux oeufs d'or, J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Le Chêne et le Roseau, D. Gougeon ( 1951 - )
    La Cigale et la Fourmi, D. Gougeon ( 1951 - )
    Le Renard et la Cigogne, J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Les deux Pigeons, D. Gougeon ( 1951 - )
    La Livri ( intermède ), J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Le Lion et le Rat, J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    Le Lièvre et les Grenouilles, D. Gougeon ( 1951 - )
    La Pantomime ( intermède ), J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )
    La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf
    Tambourins, J.-P. Rameau ( 1683 - 1764 )

Les Biographies

Les artistes

- Catherine Perrin
Détentrice d’un Premier prix du Conservatoire de Montréal, Catherine Perrin s’est produite, entre autres, avec l’Ensemble Contemporainde Montréal, les Violons du Roy, l’Orchestre Métropolitain et I Musici de Montréal. Avec cette formation elle a enregistré, notamment, le concerto pour clavecin d'Henryk Górecki, pour Chandos (gagnant de deux prix Opus).On l’entend aussi avec son trio Bataclan.

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CRÉDIT JULIE ARTACHO


De 2011 jusqu’à juin 2019, Catherine a animé l’émission Médium large, les avant-midis de semaine. On la retrouve maintenant en ondes la fin de semaine, toujours sur Ici Radio-Canada Première. 
En 2014 elle publiait un premier livre, Une femme discrète, chez Québec-Amérique, puis tout récemment un roman très musical, Trois réveils, chez XYZ.

- Le Quatuor Molinari
Quatuor en résidence au Conservatoire de musique de Montréal.
Acclamé par le public et par la critique musicale internationale depuis sa fondation en 1997, le Quatuor Molinari se consacre au riche répertoire pour quatuor à cordes des 20e et 21e siècles.
Récipiendaire de vingt-et-un Prix Opus décernés par le Conseil québécois de la musique pour souligner l’excellence de la musique de concert,

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CRÉDIT ELIZABETH DELAGE

le Quatuor Molinari est qualifié par la critique canadienne d'ensemble "essentiel" et "prodigieux", voire de "pendant canadien aux quatuors Kronos et Arditti". Le Quatuor Molinari s'est imposé comme l'un des meilleurs quatuors au Canada. Le Quatuor Molinari a été soliste avec l'Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit à deux reprises et en avril 2018, il était soliste avec l’Orchestre Métropolitain de Montréal sous la direction du chef Nicholas Carter dans la création du Concerto pour quatuor à cordes de Samy Moussa. Il a été invité à de nombreux festivals et sociétés de concerts tant au Canada, aux Etats-Unis, en Europe et en Asie. Les CDs du QM, sous étiquette ATMA, Classique reçoivent les éloges unanimes de la critique internationale entre autres dans les revues The Strad, Gramophone (2 fois Editor’s Choice) Diapason et Fanfare. Son intégrale des quatuors de György Kurtága reçu un Diapason d’or en décembre 2016 de la prestigieuse revue musicale française éponyme et le prestigieux prix allemand Echo Klassik en juillet 2017 pour ce même enregistrement.

Les membres du Quatuor Molinari

Olga Ranzenhofer, violon, directrice artistique
La violoniste Olga Ranzenhofer possède un Artist Diploma de l’Université de Cincinnati où elle a travaillé avec Dorothy DeLay et les membres du Quatuor à cordes LaSalle. Second violon solo de l’Orchestre Métropolitain de 1989 à 2001, elle fonde en 1997 le Quatuor Molinari, dont elle est la directrice artistique et administrative depuis sa fondation. Violon-solo de l’Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec de 1994 à 2004, elle a occupé ce même poste àl’Orchestre de chambre de Montréal de 1987 à 1995.

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Olga Ranzenhofer s’est produite en tant que chambriste au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Asie et on peut l’entendre régulièrement à la Chaîne culturelle 100,7 de Radio-Canada de même que sur les ondes de la CBC. Elle a été membre du Quatuor Morency de 1987 à 1997. Reconnue comme grande interprète de la musique d’aujourd’hui, Olga Ranzenhofer a commandé plusieurs oeuvres de musique de chambre à des compositeurs québécois. En novembre 2000, Olga Ranzenhofer reçoit le Prix Opus de la Personnalité de l’année 1999-2000 décerné par le Conseil québécois de la musique. À l’automne 2009, elle a été nommée Ambassadeur du Centre de musique canadienne en reconnaissance pour sa contribution exceptionnelle à façonner la scène musicale canadienne au cours des années.


Antoine Bareil, violon
Qualifié de charismatique par The Montreal Gazette, Antoine Bareil est violon solo de l’Orchestre symphonique de Laval et également membre du Quatuor Voxpopuli. Diplômé du Conservatoire de musique deTrois-Rivières, il a reçu en 2001 le Prix avec grande distinction à l’unanimité du jury; il s’est ensuite perfectionné à l’Universität Mozarteum Salzburg (Autriche). Soliste, Antoine a joué avec une dizaine d’orchestres tant au Canada qu’ailleurs. Il a donné des concerts dans une quinzaine de pays et il collabore régulièrement avec les compositeurs et interprètes internationaux.

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En 2002, il a interprété des œuvres de Philip Glass en présence du compositeur. L’année suivante, il a exécuté au sein du Stadler Quartet la deuxième représentation du mythique Helicopter String Quartet de Karlheinz Stockhausen. Dernièrement, Antoine était l’invité de l’International Henryk Wieniawski Violin Competition en Pologne. 
Antoine a signé la musique de deux courts métrages, et on retrouve ses arrangements sur une douzaine d’albums. Avec le groupe Quartango, il a enregistré et réalisé trois disques dont le premier s’est mérité le Juno Award 2015 du meilleur album instrumental.
Antoine Bareil joue sur un violon Jean-Baptiste Vuillaume 1840 et un archet François Nicolas Voirin, prêtés par Canimex inc. de Drummondville (Québec), Canada.

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Frédéric Lambert, alto
Frédéric Lambert est titulaire d’un doctorat en interprétation d’alto de l’Université McGill, sous la direction du professeur André Roy. Son perfectionnement musical l’amène à jouer pour des maîtres tels que Robert Vernon, James Dunham, Steven Dann, Bruno Pasquier, Régis Pasquier et Ani Kavafian. Frédéric est membre fondateur du quatuor à cordes Lloyd Carr-Harris. En 2005, le groupe triomphe lors du Concours national de musique de chambre Fischoff; en plus de décrocher la médaille d’or dans la catégorie senior, le quatuor en remporte le Grand Prix, et présente par la suite plusieurs concerts en France, en Angleterre, en Italie, aux États-Unis, en Australie et au Canada.

Frédéric est passionné par l’enseignement; il est chargé de cours à l’Université McGill et enseigne aussi le violon et l’alto à l’Université du Québec à Montréal. Depuis 2012, il est chroniqueur musical à l’émission Médium Large, aux côtés de l’animatrice Catherine Perrin, sur la chaîne ICI Première de Radio-Canada.
Frédéric Lambert est membre du Quatuor Molinari depuis 2007.


Pierre-Alain Bouvrette, violoncelle
Récipiendaire du Prix avec grande distinction du Conservatoire de Montréal, Pierre-Alain poursuit ses études en maîtrise aux États-Unis à l’Université de Rochester dans la classe de Pamela Frame puis, à la Longy School of Music à Cambridge, où il obtient un Artist Diploma. Lauréat aux Concours international de musique de chambre de Val Tidone (Trio Yanvar), Pierre-Alain a aussi été invité à participer à deux reprises au Festival international de musique de chambre du Costa Rica ainsi qu’au String Quartet Seminar de Boulder où il a pu collaborer et bénéficier des conseils des membres du prestigieux Quatuor Takacs. On a pu l’entendre se produire en concert avec  

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des artistes tels Malcolm Lowe, David Ying et Oleh Krisha ainsi que sur une base régulière avec plusieurs ensembles comme l’Orchestre symphonique de Honolulu, le Modern Orchestra Project de Boston et l’ensemble Les Violons du Roy à Québec. Pierre-Alain s’est également produit sur la scène québécoise avec des artistes tels que Claude Lamothe et Bob Walsh, et est également membre du quatuor de violoncelles Ponticello. Il a participé à une variété d’enregistrements sous étiquettes Atma, Dorian et Naxos.
Pierre-Alain joue sur un instrument fait à Naples en 1904 par Vincenzo Postiglione. Il s’est joint au Quatuor Molinari à l’été 2007.

Les compositeurs

Samuel Osborne Barber est un compositeur américain dont le langage, notamment symphonique, est essentiellement postromantique. « Mon but est d'écrire de la bonne musique qui sera compréhensible par le plus grand nombre d'auditeurs.» Né à West Chester ((Pennsylvanie), le 9 mars 1910 et décédé à New York, la 23 janvier 1981 il est issu d'un milieu aisé, son père étant médecin.

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À l'âge de sept ans, il se lance dans la composition d'une opérette « The Rose », sur un livret de la cuisinière de la famille. Le projet avorte. Mais sa tante, la contralto Louise Homer, et son oncle, le compositeur Sidney Homer , veilleront à ses études et à sa carrière musicales. A 14 ans, il entre au Curtis Institute of Music de Philadelphie. Il en devient professeur d’orchestration en 1932. En 1935, il intègre l’Académie Américaine de Rome. Il y compose sa 1ère Symphonie, dont la création va le faire remarquer au Festival de Musique Contemporaine de Salzbourg. Mais c’est grâce à une œuvre de musique de chambre que Samuel Barber accède à une notoriété mondiale. Sur les conseils de Toscanin i, il arrange, en 1938, le second mouvement de son quatuor à cordes, pour orchestre à cordes. Créée la même année par le chef italien, l’Adagio  de Barber devient ainsi une des œuvres les plus populaires au monde, régulièrement jouée lors de funérailles officielles. En 1942, l’Armée de l’Air Américaine lui commande sa 2ème Symphonie, dont il ne gardera que le second mouvement, Night flight. En 1946, il compose un ballet pour la danseuse Martha Graham  qui aboutit finalement à la suite d’orchestre, Medea. Son opéra, Vanessa, sur un livret de Menotti, lui apporte son premier Prix Pulitzer en 1958. Le second vient quatre ans plus tard, pour son Concerto pour piano.

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CRÉDIT FLORENCE MENNESSIER

Denis Gougeon, est né à Granby, en Montérégie, le 16 novembre 1951, est un compositeur et professeur de musique québécois bien connu de la scène musicale canadienne. Il amorce sa carrière en tant que compositeur principalement autodidacte. Il s'inscrit plus tard à l'Université de Montréal où il étudie la composition musicale avec Serge Garant et André Prévost.
De 1984 à 1988, il enseigne la composition musicale à l'Université McGill. Depuis 2001, il est membre de la    

faculté de musique de l'Université de Montréal. Parmi ses élèves, on compte les compositeurs Analia Llugdar et Éric Champagne. Il reconnaît que son art a subi les influences de Claude Vivier et de compositeurs français de musique instrumentale du XXe siècle. Ses quelque 100 compositions, jouées au Québec comme à l'étranger, touchent les genres les plus variés : œuvres orchestrales, musique de chambre, opéra, ballet, musique de scène (notamment pour des mises en scène de Denis Marleau) et pièces pour instruments solistes et voix. Parmi ses récentes commandes, on recense Quelqu'un va venir pour le Centre national des arts d'Ottawa (2002), Alice au pays des merveilles pour L'Arsenal à musique (2002) et ARTE! pour le 100e anniversaire de l'Orchestre symphonique de Québec (2003). En 1989, il devient le premier compositeur en résidence de l'Orchestre symphonique de Montréal. Il occupe ce poste jusqu'en 1992. En 1999, son ballet Emma B. est présenté en première mondiale au Bayerische Staatsoper de Munich. En 2000, le ballet Liaisons dangereuses est présenté en première mondiale à Oslo par l'Opéra et ballet national de Norvège. La même année, il reçoit le prix Opus du compositeur de l'année.
Après Claude Vivier, Gilles Tremblay et Ana Sokolović, il a été choisi par la SMCQ pour faire l’objet de la 4e édition de la Série Hommage.

Denis Gougeon est l'époux de la soprano Marie-Danielle Parent.
 

Jean-Philippe Rameau est un compositeur français et théoricien de la musique, né le 25 septembre 1683 à Dijon et mort le 12 septembre 1764 à Paris. De manière générale, la vie de Rameau est mal connue, en particulier la première moitié, c'est-à-dire les quarante années qui précèdent son installation définitive à Paris vers 1722. L'homme est secret et même sa femme ne sait rien de ses années obscures, d'où la rareté des éléments biographiques dont on dispose.
Septième enfant d'une famille qui en compte onze, sa mère, Claudine de Martinécourt, est fille de notaire et son père, Jean Rameau, est organiste. Formé à la musique par son père, Jean-Philippe sait ses notes avant même de savoir lire. À noter que le fait n'est pas inhabituel  à  cette  époque  et  se  retrouve  chez 
 

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 Portrait attribué à 
Joseph Aved (1702-1766)
Musée des beaux-arts de Dijon.

beaucoup de musiciens de père en fils. Élève au collège jésuite des Godrans, il n'y reste pas longtemps : intelligent et vif, rien ne l'intéresse en dehors de la musique. Ces études générales bâclées et vite interrompues se ressentent par la suite dans une expression écrite déficiente. Son père voudrait qu'il devienne magistrat : lui-même décide d'être musicien. Son plus jeune frère, Claude Rameau, précocement doué pour la musique finit par exercer lui aussi cette profession.
L'œuvre lyrique de Rameau forme la plus grande partie de sa contribution musicale et marque l'apogée du classicisme français, dont les canons s'opposèrent avec force à ceux de la musique italienne jusque tard au cours du XVIIIe siècle. Dans ce domaine, la création la plus célèbre du compositeur est l'opéra-ballet Les Indes galantes (1735). Cette partie de sa production est restée oubliée pendant près de deux siècles, mais bénéficie aujourd'hui d'un mouvement incontestable de redécouverte. Ses œuvres pour clavecin, en revanche, ont toujours été présentes au répertoire : Le Tambourin, L'Entretien des Muses, Le Rappel des Oiseaux, La Poule, entre autres pièces connues, furent jouées au XIXe siècle (au piano) à l'égal de celles de Bach, Couperin ou Scarlatti.
Rameau est considéré comme l'un des plus grands musiciens français et comme le premier théoricien de l'harmonie classique : ses traités d'harmonie, malgré certaines imperfections, font toujours figure de référence.

L'auteur

Jean de La Fontaine, l'auteur des fables, est né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et il est décédé le 13 avril 1695 à Paris. Il est le fils de Charles de La Fontaine (1594-1658), maître des Eaux et Forêts et capitaine des chasses du duché de Château-Thierry, et de Françoise Pidoux (1582-1644), issue de la famille Pidoux et fille de Jean Pidoux, seigneur de la Maduère (1550-1610). Il a un frère cadet, Claude né en 1623. Il a également une demi-sœur aînée, Anne de Jouy, née en 1611 d'une première union de sa mère avec Louis de Jouy.

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JEAN DE LA FONTAINE

Issu d'une famille de marchands-drapiers en voie d'anoblissement, il passe ses premières années à Château-Thierry, dans l'hôtel particulier que ses parents ont acheté en 1617 au moment de leur mariage. Jean de La Fontaine exercera d'ailleurs la charge de maître particulier jusqu'en 1671. Le poète gardera cette maison jusqu'en 1676, époque où il connaît des embarras pécuniaires après avoir dilapidé la fortune paternelle. Classée monument historique en 1887, la demeure du fabuliste abrite aujourd’hui le musée Jean-de-La-Fontaine. Comme nous le savons tous, Jean de La Fontaine est un poète français de grande renommée, principalement pour ses fables et dans une moindre mesure pour ses contes. On lui doit également des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets d'opéra qui confirment son ambition de moraliste.
Proche de Nicolas Fouquet, Jean de La Fontaine reste à l'écart de la cour royale mais fréquente les salons comme celui de Madame de La Sablière et malgré des oppositions, il est reçu à l'Académie française en 1684. Mêlé aux débats de l'époque, il se range dans le parti des Anciens dans la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes.
C'est en effet en s'inspirant des fabulistes de l'Antiquité gréco-latine et en particulier d'Ésope, qu'il écrit les Fables qui font sa renommée. Le premier recueil qui correspond aux livres I à VI des éditions actuelles est publié en 1668, le deuxième (livres VII à XI) en 1678, et le dernier (livre XII actuel) est daté de 1694. Le brillant maniement des vers et la visée morale des textes, beaucoup plus complexes qu'il n'y paraît à la première lecture, ont déterminé le succès de cette œuvre à part et les Fables de La Fontaine sont toujours considérées comme un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature française. Le fabuliste a éclipsé le conteur d'autant que le souci moralisant a mis dans l’ombre les contes licencieux publiés entre 1665 et 1674.

Pour notre bon plaisir, voici quelques vers devenus proverbes :
-Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. (Le Corbeau et le Renard, l, 2)
- La raison du plus fort est toujours la meilleure. (Le Loup et l’Agneau, l, 10)
- Si ce n’est toi, c'est donc ton frère. (Le Loup et l’Agneau, l, 10)
- Plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes. (La Mort et le Bûcheron, l, 16)
- Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine. (Le Cochet, le Chat et le Souriceau, Vl, 5)
- Je plie et ne romps pas. (Le Chêne et le Roseau, l, 22)
-  Il faut autant qu’on peut obliger tout le monde : On a souvent besoin d’un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat, II, 11)
- Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. (Le Lion et le Rat, II, 11)
- Est bien fou du cerveau qui prétend contenter tout le monde et son père. (Le Meunier, son Fils et l’Âne, III, 1)
- Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. (Le Renard et les Raisins, III, 11)
- La méfiance est mère de la sûreté. (Le Chat et un vieux Rat, III, 18)
- Petit poisson deviendra grand. (Le Petit Poisson et le Pêcheur, V, 3)
- Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras. (Le Petit Poisson et le Pêcheur, V, 3)
- Le travail est un trésor. (Le Laboureur et ses Enfants, V, 9)
- Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. (Le Lièvre et la Tortue, VI, 10)
- Aide-toi, le Ciel t’aidera. (Le Chartier embourbé, VI, 18)
- Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. (Les Animaux malades de la peste, VII, 1)
- Tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l'Huître, VIII, 9)
- Amour, Amour, quand tu nous tiens / On peut bien dire: Adieu prudence. (Le Lion amoureux, IV, 1)
- Mais les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs… (Discours à M. le duc de La Rochefoucauld, X, 14)
- Que de tout inconnu le sage se méfie. (Le Renard, le Loup et le Cheval, XII, 17)
- Il ne faut jamais vendre la peau de l’ours / Qu’on ne l’ait mis par terre (L'Ours et les deux Compagnons, V, 20)
- Qu’on me rende impotent, cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu’en somme je vive, c’est assez, je suis plus que content. « Ne viens jamais, ô Mort; on t’en dit tout autant. » (La Mort et Le Malheureux, I, 15)
- Les délicats sont malheureux : rien ne sauroit les satisfaire. (Contre Ceux Qui Ont Le Goût Difficile, II, 1)
- Si Dieu m’avait fait naître propre à tirer marrons du feu, certes marrons verraient beau jeu. (Le Singe et le Chat, IX, 17)
- Ventre affamé n'a point d'oreilles (Le Milan et le Rossignol, IX, 18)
- A l’œuvre on connaît l'artisan (Les Frelons et les Mouches à miel, I, 21)
 

         BON CONCERT À VOUS