De la Tchécoslovaquie
à l'Allemagne

METTANT EN VEDETTE

Laurence Kayaleh, violon, Meagan Milatz, piano
Elizabeth Dolin, violoncelle, Lambert Chen, alto


Dimanche 16 octobre 2022 à 14H00
Au Centre Culturel Desjardins
20 Rue Saint-Charles-Borromée S, Joliette

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Le programme et ses notes

De la Tchécoslovaquie à l'Allemagne


- Piano Trio, op.65, B130 en fa mineur
, ANTONÍN DVOŘÁK (1841-1904)
        I.    Allegro ma non troppo                              13 min
 
     II.    Allegro grazioso - Meno mosso                  6 min
    III.    Poco adagio                                               8 min
 
    IV.    Finale. Allegro con brio                             9 min
 
        Entracte


- Quatuor avec piano en mi ♭ majeur, op. 47, ROBERT SCHUMANN (1810 - 1856)
        I. Sostenuto assai - Allegro ma non troppo    9 min
      II. Scherzo: molto vivace                                4 min
    III. Andante cantabile                                      7 min
     IV. Vivace                                                         8 min

Notes de programme

Au sein d’un ensemble considérable de musique de chambre, Antonín Dvořák composa six trios avec piano dont quatre seulement ont survécu. Les deux premiers, écrits en 1875 et 1876, sont l’œuvre d’un compositeur à la gloire encore locale. Mais à partir de 1878, repéré par Johannes Brahms qui l’a présenté à son éditeur, Fritz Simrock, le jeune Tchèque voit ses Duos moraves, puis ses Danses slaves s’arracher. Sa carrière internationale est lancée. Commandes et invitations pleuvent bientôt de l’étranger, notamment de l’Angleterre. Soucieux peut-être de se montrer digne de cette confiance, ou intimidé par les enjeux de partitions plus ambitieuses, Dvořák tend alors à brider la part tchèque de son inspiration pour embrasser un style plus germanique. 

Composé en février et mars 1883, le Trio en fa mineur op.65, témoigne de cette orientation. Mais s’il est souvent décrit comme la partition la plus brahmsienne de Dvořák, l’esprit tchèque y souffle en de nombreux passages. 

Le premier mouvement, Allegro ma non troppo, est le plus brahmsien par sa polyphonie généreuse, son énergie jaillissante, son instrumentation dense, la cohésion de son travail thématique. L’ambition de Dvořák est sensible dès les premières mesures, où le thème est exposé par les cordes sur la pointe des pieds, à l’unisson, puis déployé majestueusement à l’arrivée du piano (cette entrée en matière rappelle celle du Quintette avec piano op.34 de Brahms, dans la même tonalité). Mais le passage où les trois instruments trépignent sur un rythme pointé, avant le développement central, puis avant la coda, ne peut être d’un autre que Dvořák.
Après ces débordements de passion, Dvořák préfère la légèreté d’une sorte d’intermezzo, Allegretto grazioso en ut dièse mineur, aux trépidations d’un véritable scherzo. Le Trio central, dans la tonalité enharmonique de Ré bémol majeur, troque le ton populaire qui précède pour des accents plus brahmsiens.
Le mouvement lent, Poco adagio en La bémol majeur, s’ouvre par une mélodie élégiaque du violoncelle que vient bientôt éclairer le lyrisme du violon. Cette mélancolie et cette tendresse mêlées sont à rattacher au drame personnel que venait de vivre Dvořák, avec le décès de sa mère six semaines avant le début de la composition. Au centre du mouvement, les passions s’exacerbent dans la tonalité enharmonique de sol dièse mineur, mais la sérénité initiale reprend le dessus.
L’Allegro con brio final retourne à fa mineur et au style populaire exubérant si typique de Dvořák. Dans le thème principal de cette forme rondo, on reconnaît les contretemps typiques du furiant, une vive danse populaire tchèque à trois temps que Dvořák a illustrée à de nombreuses reprises. Par trois fois, un épisode méditatif interrompt la course vers la conclusion, où le mode majeur balaie in extremis les dernières ombres. 

La première audition eut lieu le 27 octobre 1883 à Mladá Boleslav, en Bohême centrale(1).



En seconde partie, vous pourrez entendre le magistral Quatuor avec piano en mi ♭ majeur, op. 47 de Robert Schumann, chef-d’oeuvre d’une rare profondeur. Cette oeuvre a été composée en 1842 pour piano, violon, alto et violoncelle. Écrite pendant une période productive au cours de laquelle il a produit plusieurs œuvres de musique de chambre à grande échelle, elle a été décrite comme le "double créatif" de son Quintette pour piano, terminé des semaines plus tôt. Bien que dédiée au violoncelliste russe Mathieu Wielhorsky, elle a été écrite en pensant à Clara, l'épouse de Schumann, qui sera la pianiste lors de la création le 8 décembre 1844 à Leipzig.
L'œuvre se compose de quatre mouvements. Le premier mouvement est sous forme de sonate et commence par une introduction en forme d'hymne qui mène à une section plus figurative. Le deuxième mouvement, un scherzo, comporte une figure staccato rapide qui se déplace autour d'une gamme de sol mineur, avec deux sections de trio contrastées. Le troisième mouvement (Andante cantabile) a été qualifié de point culminant de l'œuvre, avec l'un des plus beaux thèmes pour violoncelle de la période romantique. Le finale comprend une écriture contrapunctique et fait de nombreuses références aux mouvements précédents.




Biographies
Les artistes









Meagan Milatz, piano
Originaire de la Saskatchewan, Meagan a débuté ses études avec Cherith Alexander et est titulaire d'une maîtrise de l'Université McGill, étudiante de la classe de piano d'Ilya Poletaev et celle de pianoforte de Tom Beghin. Elle se perfectionne également en accompagnement auprès de Philip Chiu (3).

Pianiste expérimentée, Meagan Milatz est apparue comme soliste avec plusieurs orchestres canadiens parmi lesquels l’Orchestre Symphonique de Sherbrooke, l’Orchestre Symphonique McGill et plus récemment l’Orchestre Symphonique d’Edmonton. Gagnante du premier prix au Shean Piano Competition ent 2014 et au CFMTA National Piano Competition en 2011, ses prestations l’ont amenée sur des scènes internationales telles que Hilton Head Island, Caroline du sud; Bruges, Belgique; Gijón, Espagne; et Gdańsk, Pologne. Egalement passionnée comme pianiste collaborative, Milatz réside présentement à Montréal où elle collabore régulièrement avec Andrew Wan, violon solo à l’OSM. Elle recevait sa Maîtrise de l’université McGill où elle a étudié le piano moderne avec Ilya Poletaev et le pianoforte avec Tom Beghin. L’été dernier Milatz participait au fameux Kneisel Hall Young Artist Program, et étudie présentement le piano collaboratif avec Phillip Chiu. Elle est récipiente du Sylvia Gelber Music Foundation Award pour 2017(4).








Laurence Kayaleh, violon
Douée d'une remarquable technique violonistique et d'un sens inné pour la musique, perpétuant la tradition de la grande école du violon, elle possède toutes les admirables qualités de la complète musicienne, et elle crée chez l'auditeur une expérience émotionnelle très intense. Concertiste internationale, Laurence Kayaleh est une artiste dont le jeu est caractérisé par la profondeur de sa musicalité, par la richesse de ses sonorités et par son sens prononcé pour le style musical. 

Sa carrière précoce la conduit dans de prestigieux centres de musique tels que Paris, Prague, Bruxelles, Zürich, Sofia, Berne, Moscou, Modène et Genève, souvent accompagnée par des orchestres de renom tels que l’Orchestre de la Tonhalle de Zürich, l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre Symphonique de la RTBF (Belgique) et l’Orchestre Symphonique de Bâle dans le Concerto pour Violon en si mineur de Saint-Saëns.

Ayant accompli sa formation artistique au sein des classes de concertistes de la prestigieuse Kayaleh Violin Academy en Suisse où elle a obtenu un Performer Diploma, elle remporte le Premier Prix avec félicitations du Jury au Concours Suisse pour Jeunes Solistes, ainsi que le Grand Prix à l’unanimité du Jury au Concours International de Stresa, en Italie.

Suite à son début parisien au Théâtre du Châtelet, le critique de renommée internationale du quotidien Le Figaro, Pierre Petit, la qualifie d’Archet Royal, complimentant ainsi une sonorité superbe et un sens inné du phrasé. Elle est ensuite rappelée à se produire à la Salle Gaveau, Paris. Depuis, elle est l’invitée du Festival de Lucerne, et elle joue sous la direction de grands chefs d’orchestre tels que Pavel Kogan, John Carewe et Hiroshi Wakazugi.

Laurence Kayaleh se produit à la Salle Bolchoï et à la Salle Tchaïkovsky, Moscou, dans le Concerto pour Violon de Brahms avec l’Orchestre National Russe, sous la direction de Mikhaïl Pletnev, à la Salle Pleyel, Paris, avec l’Orchestre Lamoureux sous Grzegorz Nowak partageant la soirée avec le violoniste Igor Oïstrakh, au Lied Center à Lincoln, USA, et au Mie Center for the Arts (Japon), et à la Suntory Hall de Tokyo, Japon. Sa carrière américaine lui vaut de grandes ovations partout où elle passe : à Cleveland avec le Cleveland Orchestra et au John F. Kennedy Center for the Performing Arts à Washington, avec le National Symphony Orchestra sous la direction de Leonard Slatkin qui la qualifie de musicienne unique, et à la Powell Hall à Saint-Louis, avec le St. Louis Symphony Orchestra.

D’autres engagements appellent Laurence Kayaleh à se produire en soliste à Caracas, Venezuela, avec l’Orchestre Symphonique Simon Bolivar, dans le Concerto pour Violon de Tchaïkovsky, à Montréal avec l’Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit et, à Bâle, avec l’Orchestre Symphonique de Bâle, dans le Concerto pour Violon no. 2 en sol mineur de Prokofiev sous la direction de Mario Venzago. Son début milanais est marqué par un brillant récital qu’elle donne à la Salle Verdi de Milan.

D’autres événements amènent Laurence Kayaleh à se produire aux USA, à Toronto, Canada, en soliste avec l’Orchestra Stabile di Bergamo au Théâtre Donizetti, Italie, avec l’Orchestre Philharmonique du Mexique au Festival International Cervantino à Guanajuato et à Mexico dans le Concerto pour Violon de Beethoven sous la direction de Martin Turnovsky, à Radio-Canada, ainsi qu’en concerts à travers le Canada, à Dublin, en Irlande, et à la Tonhalle de Zürich. Plusieurs engagements comprennent des concerts de musique contemporaine au Centre Canadien d’Architecture de Montréal, des récitals à Messine, Italie, des enregistrements dans le cadre des CBC-Series, Canada, ainsi que pour les radios/télévisions Suisse, Française, Belge et Russe, et au Festival International de Musique de Chambre d’Ottawa, Canada. Elle se produit lors d’un Concert Gala en Suisse qu’elle partage avec les violonistes Viktor Pikayzen et Ida Haendel.

Laurence a enregistré chez NAXOS Records l’intégrale des oeuvres pour violon et piano de N. Medtner (2 volumes), A. Honegger, G. Catoire, J. Raff (2 volumes), ainsi que l’intégrale des sonates pour violon & guitare, et alto & guitare de F. Rebay.

Le compositeur canadien, François-Hugues Leclair, lui a dédié sa pièce pour violon et piano « Le Retour des Oies ».

Les événements à venir amèneront Laurence Kayaleh à se produire au Canada, aux Etats-Unis, en Europe, et en Amérique latine. Elle est également invitée à se joindre aux jurys de concours de musique canadiens et internationaux, et est régulièrement invitée à donner des classes de maître dans des universités canadiennes, et dans des institutions en Amérique du Sud, au Japon ainsi qu’en Europe, incluant les festivals.

En décembre 1996, Laurence reçoit le Prix Artistique de la Ville de Nyon, en Suisse.

Le répertoire de Laurence Kayaleh couvre l’ensemble d’oeuvres écrites pour le violon. Elle joue un superbe Pietro Guarneri construit par le maître de Venise en 1742 ayant appartenu à l’éminent violoniste et pédagogue, Carl Flesch. Avec son beau charisme et sa présence scénique, le violon de Laurence s’adresse à son auditoire de manière très personnelle et inoubliable(5).








Lambert Chen, alto
Originaire de Taiwan, l’altiste Lambert Chen a donné son premier récital à la Chapelle historique-du-Bon-Pasteur à Montréal à l’âge de 10 ans, et s’est produit pour la première fois en soliste avec I Musici de Montréal à 13 ans. Il a été membre de l’Orchestre symphonique de Montréal pendant cinq ans et occupe depuis 2014 le poste d’alto co-solo de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse. À titre de chambriste, Lambert a participé à divers ensembles tels que le Schulich String Quartet, Musica Camerata de Montréal et le Trio di Colore. Il a notamment été invité au Festival de musique de chambre de Montréal, au Centre d’arts Orford et à Music and Beyond (Ottawa).

Récipiendaire du Golden Violin Award de l’Université McGill et du Prix de la Sylva Gerber Music Foundation, Lambert a été lauréat du Concours du New England Conservatory, du Concours OSM et a été finaliste de la Primose International Viola Competition. Lambert détient un baccalauréat du Peabody Institute of Johns Hopkins University, une maîtrise du New England Conservatory of Music et un doctorat de la Schulich School of Music de l’Université McGill. Il est présentement professeur d’alto à l’Institut Supérieur des Arts de Toulouse(6).








Elizabeth Dolin, violoncelle
La violoncelliste Elizabeth Dolin, originaire de Toronto, a fondé plusieurs ensembles très renommés, y compris le Duo de violoncelles Fouquet‑Dolin et les Cordes Romantiques. Elle a travaillé en collaboration avec des artistes tels que Pinchas Zuckerman, Steven Isserlis et Martin Beaver ainsi qu’avec d’éminents chefs tels que Yannick Nezet‑Séguin, Simon Streatfield et Mario Bernardi. De plus, elle a été soliste avec la plupart des grands orchestres canadiens. Ses deux débuts, au Carnegie Recital Hall et au Barbican Centre, à Londres, on tous deux été salués par le public et la critique. En plus d’être très en demande en tant que chambriste, elle est aujourd’hui l’une des plus grandes violoncellistes au Canada.

Au cours de sa carrière, la critique a toujours souligné la finesse de sa sonorité, sa musicalité raffinée ainsi que l’assurance de son jeu.

Sa discographie couvre un vaste répertoire et compte des œuvres de Mozart, Debussy, Rachmaninov, Vierne, Chopin, Franck, Mendelssohn, Widor, St-Saëns, Jean Coulthard et Samuel Dolin. Elle a signé des enregistrements pour les étiquettes Espace 21, ATMA, Analekta, Naxos, Musica Viva, Fonovox et Pelléas. Son enregistrement des sonates de Rachmaninov et de Debussy ainsi que celui de l’œuvre intégrale de Mendelssohn pour violoncelle et piano (Analekta), tous les deux mis en nomination dans la catégorie Album de l’année au gala de l’ADISQ, en 2002 et en 2004, ont été chaudement accueillis par la critique internationale.

Mme Dolin est professeure adjointe de violoncelle à l’École de musique Schulich de l’université McGill ainsi que professeure de violoncelle et de musique de chambre au Conservatoire de musique de Montréal. Elle enseigne également le violoncelle au Domaine Forget durant la saison estivale.

Elizabeth Dolin joue avec un archet signé François Lotte, mis gracieusement à sa disposition par la compagnie CANIMEX INC. de Drummondville (Québec), Canada(7).

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Les Compositeurs

Antonín Leopold Dvořák naît le 
8 septembre 1841 à Nelahozeves, à 30 kilomètres au nord de Prague, sur le territoire de l'Empire d'Autriche.

Ses parents se rendent compte assez tôt des capacités musicales de leur fils et lui font quitter l'école pour l’envoyer en 1853 chez un oncle de Zlonice, où il apprend l’allemand, la langue officielle de l’administration impériale autrichienne, et améliore la culture musicale qu’il avait acquise avec l'orchestre du village. Si des biographies du xxe siècle affirment qu'il a été envoyé à Zlonice pour apprendre le métier de son père (boucher du village) et celui d'aubergiste, il a été prouvé que le certificat d'apprentissage était un faux.

Il poursuit ses études à Česká Kamenice et il est accepté en 1857 à l’école d’orgue de Prague, où il reste jusqu’en 1859. Diplômé et lauréat d'un second prix, il rejoint la Prager Kapelle de Karel Komzák, un orchestre de variétés, où il tient la partie d’alto.

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Son expérience de musicien d’orchestre lui permet de découvrir de l'intérieur un vaste répertoire classique et contemporain. Il joue sous la baguette de Bedřich Smetana, Richard Wagner, Mili Balakirev… et trouve le temps de composer des œuvres ambitieuses, dont deux premières symphonies en 1865.
Dvořák démissionne de l’orchestre en 1871 pour se consacrer à la composition. Il vit de leçons particulières, avant d’obtenir un poste d’organiste à l’église Saint-Adalbert (1874).
Dvořák tombe amoureux d'une de ses élèves, Josefina Čermáková. Il écrit un cycle de chansons, « Les Cyprès », pour tenter de conquérir son cœur. Cependant, elle épouse un autre homme, et en 1873 Dvořák épouse Anna, la sœur de Josefina. De cette union naissent neuf enfants.
Antonín Dvořák décède le 1er mai 1904 à Prague est enterré au cimetière historique de Vyšehrad, sur une colline dominant la ville de Prague (le même cimetière que Bedřich Smetana).

Son œuvre est immense et variée, pour le piano, la voix (lieder), divers effectifs instrumentaux dont l’orchestre symphonique, la musique de chambre, l’opéra, la musique religieuse. 
Sa musique est colorée et rythmée, inspirée à la fois par l’héritage savant européen et par l'influence du folklore national tchèque mais aussi américain (negro spirituals ou chansons populaires). Dvořák est l'un des rares exemples de compositeur romantique ayant abordé avec succès tous les genres, à la seule exception du ballet. Bien que sa musique ait eu du mal à s'imposer en France, Dvořák était considéré de son vivant comme un personnage de stature internationale. En 1904, quelques semaines avant sa disparition, des émissaires de la mairie de Paris firent un voyage en Bohême pour lui remettre une médaille d'or décernée par le conseil municipal.
Parmi ses meilleurs interprètes l’on trouve ses compatriotes comme l’Orchestre philharmonique tchèque, les chefs Václav Talich, Zdeněk Chalabala, Rafael Kubelík, Karel Ančerl, le Quatuor de Prague, le Trio tchèque, le chef Sir Charles Mackerras et son arrière-petit-fils, le violoniste Josef Suk — une liste non exhaustive qui ne saurait faire oublier le caractère universel de cette musique, défendue par les plus grands interprètes.
Antonín Dvořák laisse 189 œuvres musicales. Le catalogue des œuvres de Dvořák par numéro d'opus est passablement confus. Certaines œuvres ont porté deux voire trois numéros différents, l'ordre chronologique n'est pas toujours respecté et des œuvres ne portent pas de numéro. Il est donc préférable d'adopter la nomenclature proposée par Burghauser. Dans cette dernière, la lettre B est utilisée, suivie d'un chiffre correspondant à l'ordre chronologique réel des compositions. Ce système va de B. 1 (une polka pour piano composée vers 1856 et qui est la plus ancienne œuvre conservée) jusqu'à B. 206 pour son opéra Armide, sa dernière œuvre achevée.
Pendant longtemps, seules cinq symphonies du compositeur étaient connues, numérotées de 1 à 5, dans l'ordre de leur publication (qui ne correspond pas entièrement à l'ordre de leur composition). Ainsi, la Symphonie du Nouveau Monde porte alors le numéro 5, et le dictionnaire Robert des noms propres affirmait encore dans les années 1990 que Dvořák était l'auteur de cinq symphonies. Quelques rares spécialistes connaissaient l'existence du cycle complet, mais il faut attendre les années 1960 pour que paraisse la première édition critique des neuf symphonies dans leur numérotation actuelle. Du jour au lendemain, pas moins de quatre « nouvelles » symphonies de Dvořák étaient offertes au monde musical.
Plusieurs thèmes de Dvořák ont été repris dans la musique populaire. La chanson Initials B.B. de Serge Gainsbourg rappelle un thème de la symphonie Du Nouveau Monde (symphonie no 9 en mi mineur).(8)


 

Robert Schumann, né le 8 juin 1810 à Zwickau et mort le 29 juillet 1856 à Endenich (aujourd'hui un quartier de Bonn), est un compositeur et pianiste allemand. Sa musique s'inscrit dans le mouvement romantique, qui domine au début du XIXe siècle dans une Europe en pleine mutation. Compositeur littéraire par excellence, Schumann et sa musique illustrent une composante du romantique passionné.
Il est le cinquième et dernier enfant d'August Schumann (1773-1826), libraire, éditeur, mais aussi écrivain et de Christiane Schnabel (1771-1836).
Il effectue sa scolarité dans une école privée puis au lycée de Zwickau, où il apprend le latin, le grec et le français. Il reçoit ses premiers cours de piano de l'organiste de la cathédrale, Johann Gottfried Kuntsch. Il participe à plusieurs concerts. Son père l'emmène entendre Moscheles à Karlsbad : Robert est tout enthousiasmé et veut un piano. 
Il commence à composer relativement tôt. Le musée Schumann de Zwickau conserve sa première œuvre intitulée –

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en français – « Le psaume cent-cinquantième », composée en 1822.
En 1826, sa jeune sœur Emilia se suicide. Peu après, son père meurt. En 1828, après avoir obtenu son Abitur (certificat de maturité, fin d'études secondaires), le jeune Robert va, sur décision de sa mère et de son tuteur, étudier le droit à l'université de Leipzig. Schumann est peu assidu dans ses études et fréquente plutôt les sociétés musicales et philosophiques de la ville. C'est dans ces salons qu'il rencontrera le facteur de pianos Friedrich Wieck. Wieck, ambitieux et âpre au gain, avait mis au point une nouvelle méthode d'apprentissage du piano. Il comptait de nombreux élèves, au premier rang desquels sa fille Clara. Robert, qui a 18 ans, décide de devenir l'élève de Wieck et prend des cours de piano, d'harmonie et de contrepoint. Il compose entre autres des polonaises pour piano à quatre mains et des lieder.

À Pâques 1829, il décide de s'installer à Heidelberg pour bénéficier de son climat culturel, et mettre de l'ordre dans ses études. Il en profite pour entreprendre, en août et septembre, un voyage en Suisse, mais aussi en Italie, destination obligée des intellectuels allemands de l'époque. Il est impressionné par le théâtre de la Scala, mais moins par la musique qu'on y joue, notamment celle de Gioacchino Rossini.   Le 30 juillet 1830, il confie par lettre à sa mère sa résolution de se consacrer à la musique. Il a 20 ans. Wieck rassure Christiane Schumann en lui promettant de faire de son fils « en trois ans l'un des plus grands pianistes vivants, plus spirituel et chaleureux que Hummel, plus grandiose que Moscheles », et Schumann emménage pour un temps chez son professeur. Il travaille avec acharnement mais se plaint déjà de « douleurs infinies dans le bras ». Bientôt, il se plaindra d'une paralysie de la main droite qui le contraindra à abandonner la carrière de virtuose, sans grands remords il est vrai. En 1831, il suit quelques cours, sans suite, de contrepoint avec le compositeur et chef d'orchestre Heinrich Dorn (1804-1892), alors directeur musical du théâtre de la cour de Leipzig. Il poursuivit alors son apprentissage en autodidacte, étudiant particulièrement les oeuvres de Bach.

En 1832, trouvant ses progrès trop lents, Robert Schumann eut la folle idée de tenter d'améliorer sa dextérité en inventant un appareil destiné à immobiliser le quatrième doigt de la main droite pendant les exercices. Bien au contraire, cela paralysa ce doigt pour le restant de ses jours et cela lui couta la carrière de virtuose. Il eut alors une première dépression nerveuse. Robert Schumann se tourna alors vers la composition et la critique musicale. Il créa la très contestataire Nouvelle Revue musicale en 1834, il s'instituait en défenseur de la bonne musique contre les « philistins » car dans sa vision, le monde de l'art est divisé entre la noble caste des « Compagnons de David » et la masse des « Philistins ».
 
Son mariage en 1840 (suite à une décision de justice en sa faveur) avec Clara Wieck , la fille de son professeur, elle-même pianiste virtuose, fut le seul bonheur de sa vie. Pendant de nombreuses années le père de celle-ci lui avait opposé son refus, et durant cette période il composa cependant de grands chefs d'oeuvres. En 1843, Robert Schumann devint professeur au conservatoire de Leipzig, fondé par son ami Mendelssohn. Peu doué pour l'enseignement, il quitta son poste de professeur à Leipzig et devint, en 1850, directeur musical pour la ville de Düsseldorf. Après quelques années relativement paisibles où il créa de nouvelles oeuvres, sa prestation comme directeur d'orchestre était peu appréciée des administrateurs, et il traversa alors une nouvelle phase critique. Dès 1854, ses accès de démence et de désespoir l'amenèrent à démissionner. Après une tentative de suicide (souvent remise en doute) par noyade, il fut interné près de Bonn où il mourut le 29 juillet 1856.

Il représente le musicien romantique allemand par excellence : poète, fantasque, dépressif et passionné. Tout, dans sa vie et son œuvre, le démontre, depuis le Carnaval op. 9 jusqu’à sa Symphonie n° 3 dite « Rhénane » en passant par le Concerto pour piano en la mineur. Avec lui, la poésie elle-même se fait musique. Alors que chez Chopin, la musique représente l'essence même de son existence et chez Liszt, un moyen d'exprimer son incomparable virtuosité, avec Schumann il en va tout autrement. Son œuvre musicale se substitue à l'œuvre littéraire qu'il n'a pas écrite. Son originalité se situe dans la complexité polyphonique et rythmique, et la richesse des nuances. 

Schumann aimait à s'identifier à deux héros complémentaires : le vaillant Florestan et le rêveur Eusebius, dont il fit dans Carnaval (1835) le portrait pianistique. On retrouve ces deux caractères dans toute son œuvre, ainsi que dans ses écrits qu'il signait souvent par l'un ou l'autre de ces deux noms. Cherchant à se cacher derrière des masques, Schumann trouva dans l'écriture des lieder la possibilité de traduire son obsession du double. 
Sa production pour le piano seul fut plus importante avant 1837. Parmi les plus connues : Carnaval, Papillons, Sonate no 1 et 2, Kreisleriana, Scènes d’enfants, novellettes, fantaisie en ut majeur... 
Après son mariage Robert Schumann composa plus de 200 lieders et se voua principalement à la musique de chambre et à la musique symphonique ou concertante. Il ne composa de nouveau pour le piano qu'en 1849 (Scènes de la forêt, Quatre marches). Les oeuvres de cette période ont un caractère rétrospectif et nostalgique (en regard des années heureuses de l'enfance). La dernière oeuvre qu'il composa, l'année de son internement, est également une oeuvre pour le piano : Variations en mi bémol majeur, une pièce sans numéro d'opus, publiée en 1939 seulement. Cependant les musicologues considèrent que sa véritable « oeuvre testament » est constituée par « Les chants de l'aube ». 

Robert Schumann a dit 
« Ce que font les doigts, c'est du bricolage ; mais la musique qui a raisonné intérieurement parle à tous et survit au corps périssable. » 

« Florestan et Eusebius, c'est ma double nature, et je voudrais bien les concilier, comme le fait Raro en un seul homme. »

Tchaikowski a dit de lui... 
« La musique de Schumann fait vibrer des cordes que ses grands prédécesseurs n'avaient jamais effleurés. Nous y trouvons l'écho de notre mystérieux processus de vie mentale, ces doutes, ces dépressions ces regards levés vers l'idéal qui émeuvent le coeur de l'homme moderne. Pour Schumann l'histoire n'a pas encore commencé. »(9)


Références

1-    Selon les notes de programme du Trio Wanderer
2-    Selon les notes de programme de Chris Darwin
3-    Selon le site de Megan Milatz
4-    Selon le site de La Société de Musique de Chambre du Lakeshore
5-    Selon le site de Laurence Kayaleh
6-    Selon le site de L’OSM
7-    Selon le site de Schulich School of Music, McGill University
8-    Selon le site Wikipedia

9-    Selon le site Wikipedia